Que devient la CSRD en 2026 ? Calendrier, normes et préparation

Que devient la CSRD en 2026 ? Cette question est essentielle pour les sociétés européennes. Même si le calendrier a été ajusté, 2026 reste une étape clé dans la mise en œuvre de la directive pour un grand nombre d'organisations, car elle marque le début de la période de référence des données pour la deuxième vague d'entreprises. Anticiper les nouvelles exigences de transparence sur les impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance est indispensable pour garantir la conformité et renforcer la compétitivité d'une entreprise. Se former à la CSRD et aux pratiques de reporting ESG est la clé pour aborder cette transition sereinement.

Ce qu’il faut retenir

  • Les grandes entreprises non NFRD doivent dès 2026 collecter leurs données ESG et lancer l’analyse de matérialité, leur première publication officielle étant prévue en 2028.
  • La double matérialité est au cœur de la CSRD, combinant l’évaluation des impacts sociétaux et la pertinence financière pour l’entreprise.
  • Former les équipes aux exigences de la CSRD et aux bonnes pratiques ESG est essentiel pour garantir un reporting fiable et conforme.

Rappel : qu’est-ce que la CSRD ?

Objectifs de la directive

La CSRD, ou corporate sustainability reporting directive, vise à harmoniser, standardiser et renforcer la publication des informations extra-financières au sein de l’Union européenne. Elle remplace la NFRD (non-financial reporting directive), en imposant des obligations plus précises, comparables et vérifiables sur les performances environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises. Cette approche contribue à orienter les investissements vers une économie plus durable.

Sociétés concernées et calendrier d'application

Le déploiement de la CSRD se fait progressivement selon l’exercice fiscal. La première phase, publiée en 2025 et couvrant l’année 2024, concerne les grandes structures d’intérêt public et celles déjà soumises à la NFRD. La deuxième vague, prévue initialement pour 2026, s’applique aux autres grandes sociétés. Ces entreprises devront publier leur rapport sur l’exercice 2027 (soit une publication en 2028) si elles remplissent au moins deux des trois seuils suivants sur deux exercices consécutifs : plus de 250 salariés, un chiffre d’affaires net supérieur à 50 millions d’euros ou un bilan total dépassant 25 millions d’euros.

La phase suivante, attendue pour une publication en 2029 portant sur les données de 2028, vise les PME cotées, à l’exception des micro-entreprises. Celles-ci bénéficient d’une flexibilité supplémentaire, qui leur permet de reporter la première publication à 2030 sur la base de l’exercice 2029.

À partir de 2029, la directive concernera les sociétés mères non européennes réalisant un chiffre d’affaires net supérieur à 150 millions d’euros dans l’Union européenne. Elle s’appliquera uniquement si ces sociétés possèdent une filiale ou une succursale significative sur le territoire.

Les PME non cotées, bien que non directement soumises à la CSRD, seront touchées par un effet de ruissellement. Elles devront fournir des données ESG à leurs clients et partenaires soumis à l’obligation de reporting, ce qui nécessite une préparation rapide de leurs systèmes de collecte.

CSRD en 2026 : les évolutions réglementaires et les obligations

Ajustements réglementaires et simplifications

Face aux préoccupations liées à la charge administrative, notamment pour les PME, la Commission européenne a proposé en 2025 une révision du cadre réglementaire par le biais de la proposition Omnibus. Cette initiative vise à simplifier les normes ESRS, en réduisant le nombre de points de données obligatoires et en rendant certaines informations volontaires.

L’adoption des normes sectorielles ESRS, initialement prévue pour 2026, serait repoussée, afin de permettre aux entreprises de se concentrer sur les normes transversales. L’objectif reste de consolider la double pertinence comme principe central du reporting.

Nouveaux critères ESG et importance de la double pertinence

Le reporting repose désormais sur une approche de double pertinence. Il s’agit d’évaluer, d’une part, les impacts positifs et négatifs de l’entreprise sur l’environnement et la société. D’autre part, il faut analyser la manière dont les enjeux de durabilité influencent la performance économique et la création de valeur.

Les informations à publier couvrent les domaines du climat, de l’eau, de la biodiversité, des conditions de travail, de la chaîne de valeur et de la gouvernance. Elles incluent la stratégie de transition climatique, les émissions de gaz à effet de serre (Scopes 1, 2 et 3), le respect des droits humains, ainsi que les dispositifs de gouvernance liés aux risques ESG et à la lutte contre la corruption.

Comment préparer son organisation à la CSRD en 2026 ?

Mise en place de processus internes

La première étape consiste à réaliser une analyse de double pertinence pour identifier les enjeux ESG prioritaires. Sur cette base, il convient de cartographier les données existantes et de structurer les processus de collecte et de contrôle au sein des départements clés, tels que la finance, la RSE, les ressources humaines et les opérations. Cette démarche garantit la traçabilité et la fiabilité des informations publiées.

Implication du conseil

La réussite du reporting repose sur une gouvernance performante. Le conseil d’administration doit être pleinement impliqué dans la supervision du processus de reporting. Une gouvernance RSE structurée permet d’assurer la cohérence des actions et l’intégration de la durabilité dans la stratégie globale de l’entreprise.

Utilisation d’outils numériques de reporting ESG

Compte tenu de la complexité et du volume des données à collecter, l’usage de logiciels dédiés au reporting ESG devient incontournable. Ces outils facilitent la collecte, la consolidation et le suivi des indicateurs en temps réel. Ils garantissent l’alignement avec les normes ESRS et la production du rapport au format numérique obligatoire (xHTML), tout en préparant l’audit externe. Leur adoption améliore la fiabilité des données et optimise l’efficacité opérationnelle.

Se former à la CSRD

Le déploiement de la CSRD rend obligatoire l'amélioration des connaissances et des compétences au sein des équipes. Comprendre les principes du reporting extra-financier, les exigences des normes ESRS et les implications de la double pertinence est une condition essentielle pour une mise en conformité réussie. La formation constitue un levier stratégique pour transformer l’obligation réglementaire en opportunité de création de valeur.

Les formations dédiées à la CSRD s’adressent à différents profils : dirigeants, responsables RSE, directions financières, juridiques ou opérationnelles. Elles permettent d’acquérir une vision globale du cadre réglementaire européen, de maîtriser les méthodologies d’analyse de matérialité et de comprendre les interactions entre la stratégie d’entreprise et la performance durable.

Suivre une formation adaptée facilite aussi la mise en place d’une gouvernance ESG efficace et renforce la collaboration entre les départements. Ces programmes abordent les aspects pratiques du reporting, la collecte et la vérification des données, ainsi que la préparation à l’audit externe. Ils contribuent enfin à instaurer une culture d’entreprise fondée sur la transparence, la durabilité et la performance à long terme.

CSRD en 2026 : impacts pour les sociétés

Conformité et obligations de reporting

Le rapport de durabilité doit être vérifié par un organisme tiers indépendant, ce qui renforce la crédibilité et la fiabilité des informations communiquées. La conformité permet d’éviter les sanctions, dont les modalités sont fixées par chaque État membre et contribue à instaurer une transparence indispensable auprès des parties prenantes.

Gestion des risques juridiques et financiers

Le non-respect de la CSRD peut entraîner des amendes importantes et nuire à la réputation de l’entreprise. À l’inverse, une bonne maîtrise des risques ESG valorise l’organisation auprès des agences de notation extra-financière et des institutions bancaires, ce qui peut réduire le coût du capital.

Avantages concurrentiels et attractivité

Une communication RSE fiable et auditée constitue un atout concurrentiel majeur. Elle attire les investisseurs responsables, améliore l’accès aux financements verts et renforce la confiance des clients, partenaires et collaborateurs. Les entreprises qui anticipent la CSRD se positionnent comme des acteurs clés de la transition durable.

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La CSRD redéfinit les standards de transparence et de durabilité. Les entreprises qui anticipent dès maintenant cette évolution bénéficieront d’un avantage stratégique : une meilleure maîtrise de leurs risques ESG et une attractivité renforcée auprès des investisseurs et partenaires.

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